Hippolyte Bayard, pionnier de la photographie

Hippolyte Bayard, introduction

Hippolyte Bayard est un nom que l’on rencontre fréquemment quand on fait des recherches sur la photographie. Il est l’un des précurseurs du média avec Niepce, Daguerre et Fox-Talbot.

Son apport en tant qu’inventeur ne sera pas vraiment reconnu : le daguerréotype de Daguerre l’a précédé de quelques semaines.

Ses contributions nombreuses et originales en tant que photographe (ouverture d’atelier, mission héliographique, combinaison de négatifs), en font un véritable trait d’union entre l’invention et la pratique. Dans cet article, je vous propose de faire connaissance avec ce grand nom de la photographie.

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Hippolyte Bayard, inventeur

Bayard est né en 1801 à Breteuil-sur-Noye, dans l’Oise. Il démarre sa carrière professionnelle en tant que clerc de notaire. En 1825 il rejoint la région parisienne. Il entre au ministère des finances où il aura un statut modeste.

Son attirance pour les milieux artistiques lui permet d’être informé des recherches héliographiques de Niepce et Daguerre. Il réalise lui-même des essais qu’il note soigneusement dans ses cahiers.

Dès 1839, il réalise des reproductions sur papier. En juillet, il les expose à une fête de charité organisée au profit des victimes du tremblement de terre de la Martinique. Il présente au public 30 photos de natures mortes et d’architecture. Son procédé est révolutionnaire mais c’est Daguerre, plus influent, qui aura les faveurs officielles.

Les tirages sur papier

Le procédé sur papier de Bayard et Talbot est innovant. Il offre la possibilité, à partir du négatif, d’obtenir autant d’épreuves positives que l’on souhaite. Et puis, le calotype, plus sensible à la lumière que le daguerréotype, permet de faire des images plus rapidement.

L'exposition, lumière

Hippolyte Bayard, La noyade

Bayard est amer. Pour son invention, le gouvernement lui a versé 600 francs alors que Daguerre recevra une rente annuelle de 10 000 francs.

En 1840, il met en scène sa propre mort par noyade pour protester contre cette injustice. Cette image morbide constituera la première mise en scène photographique. Au dos de la photo, Bayard a écrit ce texte :

« Le cadavre du Monsieur que vous voyez ci-derrière est celui de M. Bayard, inventeur du procédé dont vous venez de voir ou dont vous allez voir les merveilleux résultats. À ma connaissance, il y a à peu près trois ans que cet ingénieux et infatigable chercheur s’occupait de perfectionner son invention.
L’Académie, le Roi et tous ceux qui ont vu ces dessins que lui trouvait imparfaits les ont admirés comme vous les admirez en ce moment. Cela lui fait beaucoup d’honneur et ne lui a pas valu un liard. Le gouvernement qui avait beaucoup trop donné à M. Daguerre a dit ne rien pouvoir faire pour M. Bayard et le malheureux s’est noyé. Oh ! instabilité des choses humaines ! Les artistes, les savants, les journaux se sont occupés de lui depuis longtemps et aujourd’hui qu’il y a plusieurs jours qu’il est exposé à la morgue personne ne l’a encore reconnu ni réclamé. Messieurs et Dames, passons à d’autres, de crainte que votre odorat ne soit affecté, car la figure du Monsieur et ses mains commencent à pourrir comme vous pouvez le remarquer. »

Hippolyte Bayard, la noyade

Hippolyte Bayard, photographe

Hippolyte Bayard les moulins de la tour
La mission héliographique

Ouvrage d’Anne de Mondenard, édité en 2002 aux éditions de patrimoine : « La mission héliographique – Cinq photographes parcourent le France en 1851 »

Malgré les difficultés qu’il a connues au niveau de la reconnaissance de son invention, Bayard aura une véritable carrière de photographe, tout en restant employé au ministère des finances.

Il emploiera le plus souvent le procédé du calotype inventé par William Henri Fox-Talbot, qui et proche de sa propre invention. Bayard présente ses photographies dans les expositions universelles. Il recevra une médaille d’argent en 1849.

Combinaison de deux négatifs

Bayard a mis au point un procédé qui consiste à combiner deux négatifs, un pour le ciel, l’autre pour le paysage. Cette superposition permet d’avoir les deux parties de l’image avec des expositions différentes. Gustave Le Gray utilisera également cette méthode pour ses marines.

La mission héliographique

En 1851, Hippolyte Bayard est membre fondateur de la mission héliographique. Qui deviendra la Société Française de Photographie en 1854.

Il fait partie des 5 photographes mandatés par les monuments historiques, sous la direction de Prosper Mérimée, pour faire un état des lieux du patrimoine architectural français. Pour cette mission, il utilise le calotype, il opère en Normandie. Contrairement aux autres photographes, aucune de ses photographies n’a été retrouvée.

Fin de carrière, reconnaissance

Hippolyte Bayard reste employé au ministère des finances jusqu’à sa retraite, en 1863.

Entre temps, il ouvre un atelier rue de la Madeleine à Paris, associé avec Bertall (de son vrai nom : Charles Constant Albert Nicolas d’Arnoux de Limoges Saint-Saëns. On comprend pourquoi il l’a abrégé !). Ils exerceront de 1860 à 1866, puis Bertall continuera seul.

La Société Française de Photographie conserve de nombreuses photographies de Bayard (Quartier des Batignolles à Paris, natures mortes, jardins, autoportraits et également sa ville natale de Breteuil-sur-Noye…)

Si en France, on ne promeut pas l’œuvre d’Hippolyte Bayard, il est toutefois Chevalier de la Légion d’honneur. Dans sa ville natale, l’école primaire porte son nom.

Paradoxalement, il est plus reconnu aux États-Unis, en Amérique du Sud ou au Japon.

Hippolyte Bayard s’est éteint à Nemours le 14 mai 1887.

Hippolyte Bayard, jardins

Conclusion

Hippolyte Bayard

Voici l’histoire du quatrième inventeur de la photographie. Vous pouvez relire les articles consacrés aux autres pionniers dans la rubrique : Les grands noms de la photographie

La paternité de l’invention est disputée. Pour moi, chacun de ces quatre hommes a apporté une pierre angulaire à l’édifice.

Pour en savoir plus sur Hippolyte Bayard, voici un ouvrage en français de 144 pages écrit par un collectif. Michel Poivert a rédigé l’introduction.

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