Nadar, le premier photographe

Nadar, considéré comme le premier photographe est né le 5 ou 6 avril 1820 à Paris sous le nom de Gaspard Félix Tournachon.

Il est issu d’une famille lyonnaise d’imprimeurs – libraires depuis plusieurs générations.

Après des études de médecine à Lyon très vite abandonnées, il écrira des articles dans la presse locale.

C’est à l’âge de 19 ans qu’il retourne à Paris où il collabore dans divers petits journaux avant de fonder son propre titre : «l’Audience». Pendant les années 1840 il fréquente la bohème parisienne. Il y rencontre entre autres Charles Baudelaire, Gérard Nerval, Henri Murger, Théodore de Banville…

Une mode de la jeunesse potache de l’époque, consiste à rajouter le suffixe « dare » à la fin des patronymes. Ses amis le surnommèrent « Tournadare » puis son pseudonyme sera abrégé en « Nadar« .

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Nadar le premier photographe par lui-même

C’est un personnage haut en couleur. Il est très  grand, cheveux roux et grosses moustaches, souvent vêtu d’un vêtement rouge (sa couleur de prédilection). Nadar est très énergique… Baudelaire dira de lui : « il est la plus étonnante expression de la vitalité »

Il sera écrivain, journaliste, éditorialiste, caricaturiste, photographe. Nadar le premier photographe en ballon (il est passionné par l’aérostation). Nadar le premier photographe à utiliser la lumière artificielle…

De son premier livre, paru en 1845 « La rode de Déjarine » jusqu’au dernier publié en 1911 « Charles Baudelaire intime, le poète vierge » Nadar a écrit de nombreux ouvrages et articles.

Le Panthéon Nadar

Panthéon Nadar

En 1852, il lance son projet : « le Panthéon Nadar ». Il s’agit de rassembler dans quatre planches lithographiques les portraits de plus de 1000 personnages célèbres de l’époque.

Seule la première planche aboutira en 1854. Elle rassemble 249 célébrités de l’époque, parmi lesquelles Victor Hugo, Charles Baudelaire, Guy de Maupassant, Honoré de Balzac, Alexandre Dumas, George Sand, Alphonse Lamartine, Edouard Manet…

Chaque portrait est accompagné d’une biographie amusante.

« Le Panthéon » n’a pas été une réussite commerciale. Il contribuera pourtant à asseoir la notoriété de Nadar dans le « Tout-Paris » de l’époque. Les représentations des personnages du Panthéon sont caricaturales. Pour fixer leur image, Nadar les a, au préalable, photographiés. Cette initiation lui permettra de s’intéresser à la photographie. Il monte son premier studio sur le toit d’un immeuble, 113 rue Saint Lazare, où il bénéficie de la lumière du jour. Il invite son demi-frère Adrien à ouvrir son propre atelier.

C’est la même année (1854) qu’il se marie avec Ernestine Lefebvre.

En 1855 il obtient, avec son frère, une médaille de bronze à l’Exposition Universelle pour une série de photos qu’ils ont réalisée du mime Deburau en Pierrot.

Pourtant, il prendra ombrage de l’utilisation de son pseudo par Adrien. Il en obtiendra l’utilisation exclusive en 1857, après deux ans de procès.

Nadar et l’aérostation.

Nadar le premier photographe et l'aérostation. Autoportrait en studio
Autoportrait de Nadar en studio, dans une nacelle de ballon

Son intérêt pour l’aérostation le conduira à réaliser des photos en ballon. Il a pris la première photographie aérienne (à 80 mètres) au petit Bicêtre en 1858 et obtient un brevet la même année.

Nadar fondera en 1863 la « Société d’encouragement pour la locomotion aérienne au moyen d’appareils plus lourds que l’air » ainsi qu’une revue « l’Aéronaute ». Il fait construire un immense ballon « le Géant » qui peut transporter 80 passagers. Il sera blessé ainsi que son épouse, à la suite de l’accident de cet aéronef à Hanovre.

C’est lui qui inspirera à Jules Verne le personnage de Michel Ardan (anagramme de Nadar) dans ses romans « de la Terre à la Lune » et « Autour de la Lune »

Pendant le siège de Paris par les prussiens, en 1870 – 1871, Nadar constituera avec d’autres passionnés une compagnie d’aérostiers militaires. C’est au total 67 ballons qui seront construits, transportant 11 tonnes de courrier, surveillant l’ennemi, et faisant des relevés topographiques. Finalement, le gouvernement jugeant Nadar trop révolutionnaire, lui préférera d’ autres entreprises.

Nadar et la lumière artificielle

Ses expériences sur l’éclairage à la poudre de magnésium  lui permettent de mettre au point le premier flash.

C’est en février 1861 qu’il déposera le brevet de «Photographie à l’éclairage artificiel» Il réalise des portraits grâce à cette méthode, avec des personnages éclairés latéralement, mais il consacrera plus de temps aux prises de vues dans les catacombes et les égouts de Paris qui pourront ainsi être dévoilés au public.

Le temps de pose pour la photographie à la lumière artificielle nécessite 20 minutes, raison pour laquelle il utilise des mannequins (comme sur la photo ci-contre).

Photo des catacombes à la lumière artificielle.

Photo des Catacombes à la lumière artificielle

Ses ateliers

Atelier de Nadar, Boulevard des Capucines.

Atelier Nadar, boulevard des Capucines

Nous avons laissé Nadar sur un toit, 113 rue Saint-Lazare.

L’usage de la photographie étant devenu très concurrencé, il installe en 1860, un atelier prestigieux, Boulevard des Capucines, agrémenté d’une immense enseigne rouge représentant sa signature et réalisée par Louis Lumière.

Après la commune, et les déboires financiers consécutifs à ses expériences « aérospatiales » Nadar dut fermer l’atelier des Capucines. C’est son épouse qui ouvrit un nouveau studio, rue d’Anjou, avec une vingtaine de salariés. Leur fils Paul en devint très vite le directeur artistique.

Félix continuera, jusqu’en 1887, à pratiquer la photographie, pour assurer sa subsistance. Il réalisera, avec son fils Paul, en 1886 une série de photos du chimiste Eugène Chevreul, âgé alors de 100 ans. L’interview accompagnant ces photos sera considéré comme le premier reportage photographique.

Dernières années

De 1887 à 1894, Félix Nadar, malade et ruiné, s’installera avec son épouse en Forêt de Sénart. Il laisse la gestion de ses affaires parisiennes à son fils Paul qui en deviendra propriétaire en 1895.

Personnage hors du commun, Nadar créera à 77 ans un nouveau studio de photographie… à Marseille, cette fois.

Il sera une véritable gloire dans cette région et se liera d’amitié avec Frédéric Mistral.

Il s’intéresse à la photostérie (procédé permettant d’obtenir une image en relief à partir de la photogravure). Cette technique, inventée par Lernac sera industriellement exploitable grâce aux connaissances techniques de Nadar.

En 1900, il triomphe à l’Exposition Universelle de Paris avec une rétrospective de son œuvre organisée par son fils. La même année, il rédige ses mémoires sous le titre « Quand j’étais photographe »

En 1904, Nadar (le premier photographe), revient dans la capitale, où il meurt le 20 mars 1910.

Livre : « Nadar » de Stéphanie de Saint Marc

Pour en savoir plus sur Félix Nadar, je vous propose la lecture de ce livre , de Stéphanie de Saint Marc, publié en septembre 2010 aux éditions Gallimard.

384 pages, format 15,7 x 22,5 cm.

Vous pouvez feuilleter notre livret des photos de Nadar et de son fils Paul en consultant notre article : « La galerie Nadar »

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